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JE FINIRAI MES JOURS

 Après avoir vécu longtemps d’Air, d’Amour et d’Eau fraîche, je finirai mes jours et mes nuits au fin fond du Kamtchatka, entouré d’une meute de loups protecteurs et au poil soyeux. J’y retrouverai ma mère qui y partit dans les années soixante quand je n’étais pas sage ! Et puis j’y ferai de grands paysages nocturnes où les aurores boréales se comptent par dizaines. Je serai au bout de mon chemin, de mon petit chemin, après avoir quitté la grand route qui mène au Spectacle de la civilisation marchande. J’y serai bien, dans ma cabane en bois, entouré de boulots et de Tigres de Sibérie, allant parfois à la rencontre de quelques Popes homosexuels et atteints de diverses pathologies mentales. L’Hermitage sera ma tombe, on y retrouvera un grand tableau d’une Abbaye Charentaise, ainsi que la flamme perpétuelle des jeux Olympiques. Les autochtones chamanisés ne me seront d’aucun secours. J’aurai recours aux sources sacrées, je boirais cette seule eau de vie au magnétisme éternel. Au Kamtchatka il y aura un autel de bruyères et de myrtilles pour chaque évangélisation des oiseaux. Au Kamtchatka il y aura une fourmilière emplie d’idées et de vœux pieux. Il y aura Michèle, toute vêtue de peaux d’Ours bruns et des petits enfants Inuits abandonnés de leurs parents devenus bureaucrates. Dans ma vieillesse, je remplierai des grottes de tableaux et de gouaches, où rangées contre la paroi, elles attendront le jugement dernier. J’y ferai de grands feux de branches de sapins et lirai attentivement Domme ou l’Essai d’Occupation, tout en me préparant quelques Mauresques ou Hypocras locales. Les loups comme de bien entendu, auront ma peau et mon chien mes os, mais ma lumière éclairera encore longtemps le foyer de ma cabane. Puis y passeront durant le court été, de jeunes pubères aux sexes turgescents et opalescents prêts à pénétrer les mystères de la vie. Des fées y établiront leurs quartiers d’hiver, où des mages y laisseront à leur tour leur peau. Mon chien gardera fidèlement ma boîte à peintures, mes pinceaux donneront des fruits au printemps, et ma craie noire entretiendra mon souvenir. Je finirai au Kamtchatka, loin des autoroutes de la civilisation du spectacle marchand. Je finirai, en somme comme j’ai commencé, c'est-à-dire en dessinant au Catéchisme des scènes de la vie de Jésus, avec des crayons Caran d’Ache et des gommes caoutchouteuses. Je finirai car j’aurai tué cette mort qui nous fait la peau, et devenu meurtrier l’on me pendra au gibet de la pensée. Mis à l’index et au piloris, mes tourmenteurs après m’avoir appliqué la Question durant ce jugement de Dieu, n’auront de cesse que de piétiner, brûler et détruire toutes les traces de mon passage sur cette terre. Pour contrer cette répugnante pratique, j’aurai sur le tard développé un sixième sens pour pénétrer dans la quatrième dimension et rejoindre Michèle au septième ciel. Tout cela se passa dans ma cent trentième année, alors que les milliards d’humains tournaient en rond dans la galaxie de leur ennui tout contemporain et moderne. Mon chien devint un chien mutant et se mit à raconter ses souvenirs à un groupe de chats égyptiens rencontrer là par hasard. Il développa son discours et l’enrichit d’anecdotes sibyllines pleines de rayons d’intelligence et d’amour rayonnant, puis à son tour il partit du côté de Tchernobyl où il s’installa dans les immeubles abandonnés de Pripiat, où il finit lui aussi ses jours dans ce nouveau désert de la pensée irradiée. Je me demande bien si je finirai un jour, je n’ai pas l’impression qu’il y ait une fin à ma vie, à cette vie. Je suis peut-être devenu cet homme qui au bout des millénaires de générations successives, n’a toujours pas de fin programmée, ne cessera pas de marcher dans le désert de sa tête, à la rencontre des sources du soleil, dans la magie de l’aube des pensées. Mais le soir venu, je finirais mes jours comme pour les recommencer chaque matin… et alors vous qui serez tous morts et dont la mort fera la peau, n’encombrerez plus mes secondes, mes minutes, mes heures et mes jours avec vos idées floues, avec vos sentiments inachevés, et vos émotions télévisuelles, ces JT de vos esprits nénuphars, éternels repentis et demandeurs de grâce aux falbalas dérisoires du divin des masses charcutées. Je serai ce que j’ai toujours été, un être vivant d’hors et déjà mis hors de causes et dont les effets sont notoires. Telle une musique de caravane ma vie plane sur le désert de la pensée mitoyenne de tous ces vampires qui voulaient me convertir à leurs vues toujours très limitées et rémunératrices. Je n’ai de cesse que de remplir mes jours d’actes créateurs que nul ne peut faire à ma place et que seul le moteur de ma Psyché engendre dans la nichée de mon espoir. Et puis, que ma joie demeure dans toute la chaleur du rayon de l’Astre, et que mes descendants rigolent bien de cet ancêtre qui accumula tous les déboires et qui comme Job refit sa vie à la fin de cette dernière, ayant tout perdu y compris la foi en sa raison et la raison en sa foi. Demain Soir Grand et Matin Jeune et Beau pour que fleurissent les mille plantes de la forêt d’où l’on ne revient jamais… 22 mai 2008

 

          

      

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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