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LA VRAIE PAIX

 

Neuilly, 1953

Peut-être

Quand l’ombre de la tombe

Et de la nuit

Engloutira mon corps ;

Quand ma pauvre âme

Dans l’inconnu, sans regrets

Aura fui ;

Quand l’ombre de mon ombre

Se sera fondue dans la terre

A travers les racines et les pierres ;

Quant tout se sera tu du monde qui respire

Quand plus rien, ni le vent, ni la pluie,

Ni la faim, ni le soleil,

N’effleurera mon souvenir ;

Quand rien ne restera de ce qui fût,

De ce qui aurait pu être ;

Alors en cette terre où tout va se dissoudre

La terre où notre chair pourrira lentement,

Découvrirai-je enfin cette paix sans mélange

La vraie paix du néant…

 

 

Jacques Sarrot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Qui des deux est le plus lâche ? Celui qui a peur de la vie, ou celui qui a peur de la mort ? *

 2. Les qualités sont humaines, parce qu’inscrites dans la logique de la nature. Les vertus sont inhumaines, parce qu’elles sont la victoire sur l’homme, la défaite de l’homme. *

3. Le plus beau n’est pas d’aimer, mais d’être aimé. Bien fat celui qui estimerait donner plus qu’il ne reçoit. *

4. Un décor n’est jamais qu’une belle illusion. Dans la vie, les vaincus sont ceux qui croient en l’illusion, les vainqueurs ceux qui brossent les décors. *

5. On oublie trop que, pour se laisser prendre entièrement au spectacle, il faudrait ne jamais sortir de la salle. *

 6. Les plus belles louanges vont toujours aux morts. *

 7. Il arrive qu’on puisse être maître des autres, mais on ne peut jamais être maître de soi. *

8. Qu’est-ce qu’une justice qui frapperait sans mesure, sans discernement, qui frapperait des innocents ?

 9. Dans l’histoire du monde, l’histoire Juive n’est-elle pas un fait trop récent pour avoir le droit de se placer à la base de l’aventure humaine ? *

 10. Le ciel, comme l’enfer, est au-dedans de nous. *

11. Tout riche vient d’un pauvre, et le redeviendra. *

12. La terre accepte tous les corps ; car la terre est sans haine, n’ayant pas de pensée. *

13. Notre part d’Éternité, c’est la place que nous occupons dans la chaîne infinie des choses. *

14. L’homme ne serait vraiment libre que seul et sans passé – Tel le premier homme – ce qu’il en advint. *

15. Ne pas reconnaître l’au-delà, n’est-ce pas plutôt humilité qu’orgueil ? *

· L’espérance nous hisse au plus haut de nos rêves. Notes : Les romanciers de maintenant se font remarquer moins par leur métier que par leurs dons. Encore beaucoup de ces dons ne sont-ils que des dons apparents. Ainsi l’observation aiguë qu’ils paraissent manifester, est-elle aidée par le furieux remous de notre époque qui font monter à la surface beaucoup de traits cachés. Le voile arrachée, le corps n’a plus de mystère. *

 Je ne suis pas de ceux qui bouleversent le monde. Dans la paix du désert j’attends que la nuit tombe, cette nuit provisoire où toute fin renaît. Le cercle refermé s’oppose à l’évasion que domine, cruel, le bruit de l’or qui roule. Les oiseaux éveillés se mettent à chanter des chants ensoleillés. *

 On ne saura jamais ce que pensent les choses. *

Comment te dire, à toi, que je me sens perdu ? Des mots, que sont des mots quand tout, autour, s’écroule ! *

Je cherche autour de moi des raisons d’espérer. Je me contenterais de petites raisons, des raisons sans raison. C’est si beau d’espérer ! *

 Mon amour est sans nom ; mon amour est sans voix ; mon amour est un mythe. Il est né du hasard ; il n’est pas né d’un choix. *

 Le prêtre est un guide dévoué, prisonnier de ceux qu’il a entraînés, prisonnier de sa loyauté, prisonnier de sa propre conscience, qui se nourrit d’espoir mais qui a toujours faim, qui sous ses yeux inquiets voit s’épanouir un monde qui ne sera jamais sien. Il est pour « L’autre monde », un monde inclus dans l’infini du temps et de l’espace, un monde invivable. *

 Ma souffrance était morte hier soir. La voici, ce matin, plus vivante. Je croyais cependant que la nuit était comme une cuve géante où pouvait se dissoudre le mal. Mais cela, hélas, comme le reste n’est que promesse de Carnaval. Vœux, serments qu’emporte le vent leste. La blessure de la veille, au matin, se rouvre, étant l’aurore. *

 J’aime la surface des choses, la surface de l’eau, des champs, des terrasses, des toits ; et j’ose aimer aussi les gris tombeaux. On ne sait pas ce qui se cache sous l’apparence… *

En glissant sous l’auvent ce petit mot « Je t’aime », j’ai mis sur ta fenêtre un début de poème. *

 Immobiles au milieu des prairies, les fleurs s’enrobent de leurs couleurs. Ton devoir est de vivre très loin, en laissant au hasard le beau soin de faire se croiser nos deux routes. Les fleurs ont des couleurs, les hommes des désirs, quelqu’un sait-il pourquoi ? *

 Dans la nuit des vieillards il est quelques étoiles, des feux de joie anciens, des feux de la Saint-Jean. *

 Tout ce qui passe est bon, tout ce qui reste est peine. *

Le vent peut-être un jour sera digne d’être homme : Versatile, incertain, apaisé, coléreux. Je voudrais que tu sois près de moi chaque jour. *

Héritiers d’un passé qui ne fut pas le leur. *

Cet arbre est tourmenté, énorme. Son tronc est plein de bosses, d’enflures, de retraits et ses branches se tordent. Il est vieux, il souffre. Aurait-il entrevu la grande loi du monde ! *

 Certains m’ont précédé, d’autres prendront ma suite. Jamais ne cessera l’éternelle poursuite. Bien mieux que l’animal, l’homme sait son destin. *

 Il est bon d’être seul. Mais comment partir seul, pour un si long voyage ? Le ciel peut-il s’ouvrir aux âmes solitaires ? *

 Et l’on passe sa vie à guetter l’homme car l’on est un être à croire chacun. *

 Le monde des vivants, et le monde des morts. Deux mondes opposés, plus violemment contraires que le plus et le moins, que le centre et les bords. Mondes juxtaposés et toujours adversaires. La Terre aime les morts et ne les rend jamais, plus avare des corps qu’océans et marais. La Terre aime les morts, même les plus rebelles, même ceux qui songeaient aux prairies éternelles. Elle attend les vivants. J’aimerais bien mourir avant l’être oublié. Et partir sans regret au sein du grand mystère. Car il n’y a jamais de saison pour mourir. Le Paradis c’est l’ombre, une ombre reposante, sans éclats de soleil ou vérités géantes. On sait quand le printemps redonne des couleurs au sol qui chaque hiver apprend à défleurir, et d’un sourire fait disparaître ses peines. *

 Croire au malheur c’est donc que le mal est aveugle, que le hasard est l’unique moyen, que nous sommes prisonniers coincés entre ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous suivent. Que nous avons bien la liberté d’aller à droite ou à gauche mais que cela n’infléchit pas la maladie de l’être. Tel que le monde est construit, nous ne pouvons rien attendre de bien. Heureux si la chance nous favorise. Pourquoi chercher si loin ce que le vent apporte ? Pourquoi tant de courage ? Croire au bonheur, c’est croire qu’on pourra seul parler, que le soleil peut être arrêté, que le temps peut s’envoler ou s’arrêter, c’est faire appel au bon sens de la divinité qui dispose, c’est discuter avec le volcan, c’est croire qu’on ne meurt ni de froid, ni de faim ou d’injustice. Entraîné malgré lui dans cette course mortelle qui détruira féroce, un espoir né d’un homme. La nature est ainsi – Pourquoi lutter contre elle ? Que sert de s’insurger ? La Terre, tôt ou tard, s’emparera de nous, saura bien nous reprendre. Ainsi s’en va le monde, et bien fou qui peut croire. Dans le monde extérieur tout demeure insensible, seul avant de s’éteindre, une lueur insistante. L’intelligence a peur, se débat, se révolte. Elle ne comprend pas les peurs qui l’assiègent, elle prétend avoir l’orgueil de sa survie. Autour de nous le monde est un monde impassible qui fait peser sur nos têtes une règle inflexible. Seul l’esprit en criant, l’esprit de l’infini, un infini divin, un espoir infini. Seul l’esprit supposant un espoir infini dont il fut autrefois pour un instant banni tristement, justifie son désir de survie pour une rédemption sans cesse poursuivie.

© 2014