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Ce monde qui nous est donné.

Le soir de la pensée était arrivé sans que l’on s’en rendît bien compte, il y avait eu des signes avant-coureurs, qui, passés comme de simples météores, étaient repartis dans le néant de la non-réflexion. Peut-on dire que l’ensemble de nos réflexes, est la seule condition de nos idées ? Les temps étaient venus, tout comme une brume hivernale, de réfléchir un peu aux moyens qui nous sont donnés pour explorer notre monde, c'est-à-dire notre vie. Pensons à nous pour une fois, la dernière peut-être car la thèse de ma vie est bien qu’elle soit. Voici mon prédicat : c’est que je suis en vie et c’est ma vie qui est là, qui s’écoule, tel un ruban de saison. Je n’aurais jamais pensé qu’il faille exercer la moindre volonté pour penser un peu. Or il advient que la réflexion s’organise en vue, non plus de disserter mais d’expliquer ce que je pense dans le fond de ce monde qui nous est donné durant cet écoulement qu’est cette vie, notre vie, ma vie. Vie simple en l’occurrence, pas difficile à appréhender ni à supporter, l’enfer bien évidemment étant les autres… La problématique sera de dégager suffisamment d’espace pour que cet autre puisse partager quelques brèves idées avec moi. Echanges possibles qui demeurent toujours si délicats. Au XX° siècle a bien eu lieu la complète négation de l’homme dans ce qu’il peut avoir de sacré, cet humanisme de base fut foulé aux pieds par deux événements historiques majeurs, le génocide d’état qui commença en août 1914 et se termina en novembre 1918, puis à nouveau, et plus planétaire, celui qui s’écoula entre 1939 et 1945, sans compter le Goulag russe et le communisme cambodgien. Ces faits ne sont plus à démontrer et mon point de vue n’est pas normatif. La notion de la « mort de l’homme » est devenue un argument reconnu comme vrai, véritable preuve qui se passe de démonstration. Depuis sa nuit des temps, l’homme aura passé plus de temps en guerre qu’en paix ! Il faut admettre cette si simple vérité : l’homme durant son histoire, aura-t-il donné plus de fois la vie que la mort ? Question de mathématique ou d’éthique ? La notion de conflit comme vecteur d’humanité ? L’empirisme de Mill, suffit-il ici à décrire la situation ? Mais mon propos n’est pas de s’appuyer sur les philosophes, qui, égarés dans les méandres du langage, ont définitivement perdu le lien avec leurs contemporains ! Bien mieux, faire parler ces auteurs, connus ou méconnus du grand public qui accompagne ce XX° siècle si cruel. Auteurs qui ont laissé des essais, des réflexions, véritable casse mystérieuse de la pensée. A la fin de 1999, Jacques Henric, compagnon de Christine Millet, laissa un petit texte qui s’intitulait : « Et si, au contraire du poisson, le XX° siècle pourrissait par la queue », où il évoquait notre époque qualifiée proprement d’imbécile, c'est-à-dire « sans bâton », tout comme on disait dans une ancienne tradition juridique, du sexe « imbécile » de la femme, le sexe sans bâton, le sexe sans sexe. Jacques Henric ne parle pas encore d’Internet et du développement d’un nouveau mode de communication sur la Toile, qui me semble être la dernière révolution importante en date. C'est-à-dire que dans l’humanité, il y eut quelques journées qui ont la primeur, à savoir : - celle où l’on maîtrisa le feu à volonté et celle de la pratique du langage puis enfin celle de son écriture plus tardivement sous l’aspect révolutionnaire de l’alphabet ! On pourrait écrire un texte sous le titre suivant : « Et si, tout comme l’araignée, le XXI° siècle commençait par tisser sa toile. » Bien sûr, il y a les commerçants, les pornographes, les politiques, les religieux qui s’en mêlent tous ensemble et aliènent progressivement la tendance libertaire de ce réseau tout neuf. Les fées se sont penchées sur cette invention et ont décidé de laisser faire… Un monde où l’homme, intrinsèquement seul et solitaire, peut enfin communiquer sa solitude au plus grand nombre, sans pour autant dépendre d’une chaîne de parasites et d’intermédiaires qui lui permettaient auparavant de plus ou moins s’exprimer et de communiquer. La numérisation offre des possibilités nouvelles jamais atteintes, l’autonomie de l’image et du texte dans sa fabrication et sa diffusion. Ce XXI° siècle est né sous les auspices de bonnes fées aux volontés novatrices et aux pouvoirs multiplicateurs, riches en possibilités imprévisibles. « Toutes les hommes aiment la femme » disait Lacan. La homme et le femme. L’expérience confirme la raison. Leibniz disait que « le succès des expériences sert de confirmation à la raison, à peu près comme les épreuves servent dans l’arithmétique, pour mieux éviter l’erreur du calcul quand le raisonnement est long. C’est aussi ce en quoi les connaissances des hommes et celles des bêtes sont différentes. » Pour Jacques Henric, « le Sacre du printemps » mettait en scène et en musique le grand sacrifice de la femme. A deux doigts de l’an 2000, c’est un autre grand sacrifice qui est programmé, celui de l’homme. » Pour lui notre époque est la fin de la « copulatio carnalis », et des sanctions sont prévues pour les derniers jouisseurs : « ils enfanteront des monstres, des intellectuels dégénérés, des artistes débiles, de futurs parents incestueux, des pédophiles criminels, des pervers sexuels… Sachez-le, mâles intempérants, femmes hystériques, vous finirez par où vous avez pêché. Pour vous, libertines, partouzeuses de Mai 68, un cancer vous bouffera sexe et matrice, et vous vous offrirez une jolie agonie. » Jacques Henric de conclure que « les rebelles se font rares, car ils ont été remplacés par des adeptes du bonheur qui n’ont jamais eu de leur vie une seule « expérience heureuse », qui ne savent rien de l’insinuante et voluptueuse beauté d’un intérieur de cuisses féminines à la surface argentée, d’une fourrure d’animal nocturne masquant les contours glissants d’un sexe, rien de ce qu’est le silence d’un homme face à la diversité des femmes, des silences et des rires de femmes face à la nudité des hommes, rien des yeux perdus dans les coulées laiteuses du ciel, du glissement soyeux d’une robe qu’on soulève, d’un bas qu’on caresse… » Mais l’expérience peut-elle continuer ? Existe-il vraiment, encore et à nouveau, des femmes et des hommes au sens ontologique du terme ? – Au XXI° siècle, toute communication étant devenue immédiate et instantanée, les hommes et les femmes ont-ils encore quelque chose à se dire ? Il existe en France plus de 16 000 000 de gens connectés à Messenger, qui sous le couvert de l’anonymat de pseudos, font : « Xxxx… yyyy… zzz », et sont heureux ainsi. Bien entendu, il ne faut pas leur demander de lire une profession de foi au moment d’élections municipales. Tout ce qui peut les intéresser a priori, ce serait la progression d’un accès ADSL à Internet dans leur périmètre géographique. Et certains de ces nouveaux communicants pensent très sincèrement que l’Alsace se trouve près de Marseille ! Faut-il faire comme les chiens, c'est-à-dire se renifler le derrière et les parties génitales en guise de bonjour ? Faut-il revenir au règne du mâle dominant ou à celui de Diane chasseresse, société où l’on coupe la tête du roi élu, si le pouvoir lui prend la tête ? De nos jours, il faut tenir compte des petits enfants de nos enfants, c'est-à-dire qu’il est clair que biologiquement et socialement nous courons, du fait de notre industrie agroalimentaire et de l’urbanisation, à notre perte, nous ne nous renouvellerons plus ! « Homo est clausura mirabilium dei », l’homme ne serait pas le centre du monde, mais sa clôture, la fin du monde. Cette phrase est tirée du livre – « La bombe informatique » de Paul Virilio, publié en septembre 1998, toujours à cette même fin de siècle. « Avec le XX°siècle se clôt, non seulement le deuxième millénaire, mais aussi la Terre, l’astre des vivants », dit-il en commençant sont dernier chapitre. Mais la globalisation des richesses, des économies, des communications et des cultures, n’a pas prévu la fin de l’homme, c'est-à-dire sa clôture, sa non-reproduction, non plus du fait d’une extermination, mais bien mieux du fait de la prolifération de l’information, dernière manifestation de la matière environnante ! « No future est donc bien le slogan qui convient au relief du temps réel de cette mondialisation où tout arrive sans qu’il soit nécessaire de partir, d’aller vers les êtres qui nous entourent, vers les lieux, les choses qui nous environnent. » J’appellerai ma façon de penser : l’émotion oryctère ! C'est-à-dire qu’elle creuse le sens au lieu d’avancer dans le discours du réel, véritable émotion car sensiblement plus sentiment que réflexion. « Comme la langue d’Esope, Internet est à la fois la pire et la meilleure des choses. Le progrès d’une communication sans limites ou presque et le désastre, la rencontre, un jour ou l’autre, de l’iceberg pour ce Titanic de la navigation virtuelle. » En février 1998, les Nations unies recensaient trente-huit guerres ou conflits à travers le monde. En 2008, qu’en est-il ? En 2001 il y eut l’attentat et la destruction des Twin Towers de New-York, peut-on dire que c’est là une victoire du concret sur le virtuel ? En 1990, dans « Le langage Heidegger », Henri Meschonnic souligne que Benveniste « entreprenait de montrer que les dix catégories d’Aristote, « totalité des prédicats que l’on peut affirmer de l’être », sont d’abord des catégories de langue, et qu’en fait Aristote, raisonnant d’une manière absolue, retrouve simplement certaines catégories fondamentales de la langue dans laquelle il pense ». Pour lui, plus loin : « Ce qui revient à essayer de penser le contenu interne d’une relation entre une langue et une culture, une langue et une littérature, comme historicité généralisée. Un tout autre contenu que le contenu-nature entre les mots et les choses. Non comme une évidence empiriste, mais l’exploration de ce dont notre culture n’a pas les concepts. » Nous sommes, « maintenant » à la fin de l’année 2008, j’aurai cité Jacques Henric, Paul Virilio et Henri Meschonnic, eux qui s’exprimaient à la fin du XX° siècle. Mais qu’en est-il vraiment, « insalubrement » pour ainsi dire, de ce « monde qui nous est donné, comme échu à la première personne ? » et ce en ce moment précis du Temps (tout relatif dans son calendrier !)… Ce monde auquel l’usage de ma vie me fait participer. Jusqu’ici je n’aurai fait que citer des auteurs plus ou moins médiatisés comme on dit, mais si je m’enfonce dans la réalité tout actuelle de mon champ de vision, et bien je n’ai plus accès à la moindre réflexion, comme si plus personne ne songeait à exprimer la moindre pensée sur le présent qui, lui, semblerait définitivement devenu « virtuel » par cette même occasion… Le libre choix, la libre pensée, le libre arbitre, la libre entreprise, en un mot tout ce qui vient de l’individu, demeure une preuve et une possibilité du vivant, de notre vivant. J’estime que le recours à la science, le recours à tout absolu vérifiable terminera toujours dans le cul de sac de la connerie ambiante ! Faute de volonté, notre civilisation s’étouffe dans le non-dit et l’absurde. D’où peut-être l’intérêt et l’actualité de Camus : entre le Mythe de Sisyphe et l’Homme révolté, s’exprime une pensée toujours d’actualité. Il faut contrebalancer sa pensée avec celle de Ph. K. Dick qui, lui, anticipa notre Cyber-monde et ce dès les années 50 du XX° siècle. Nous vivons dans un monde qui, il est clair, n’est plus porteur de modèles, qui n’exprime plus que du vent et dont la révolution se contente de répéter indéfiniment une sorte de grand jeu d’Interville ponctué d’images, de sons et d’objets. Le tout lié à leur production à grande échelle, donc économiquement fragile, car devant se renouveler chaque matin ! Pourtant il existe des êtres, que seul anime le fait de vivre et que seul dirige la volonté de durer ! Nous pouvons voir ainsi le décalage existant entre l’absence de volonté d’une société et la volonté fondamentale de la vie de quelques uns à exister pleinement ! Le Net permet l’expression individuelle, mais peu font l’effort de bâtir leur demeure, or c’est ce qui importe. Véritable commerce de la récupération et de la transformation, l’informatique permet de rester vivant dans un monde où les administrations ne font que se répéter ! L’Iceberg, dont parlait Paul Virilio et que rencontrera sûrement un jour le Titanic Internet, ne sera pas la clôture de ce monde mais bien mieux le départ d’un nouveau qui, lui, n’a pas encore été développé. Car en informatique tout est développement bien entendu, rien n’y est innocent. Le commerce s’en est mêlé et les incidences dans la vie quotidienne sont multiples. Essayer d’éteindre vraiment une chaudière à gaz dans une maison ! Impossible, ce n’est plus prévu, tout doit consommer et ce sans fin. Tout comme l’on adresse une déclaration d’impôts à remplir à une personne décédée ! Epoque où l’absurde se mêle de combler l’absence de spiritualité, où seuls demeurent le gendarme, l’éducateur et le psychiatre, derniers remparts d’une civilisation qui tourne en rond dans un bocal vide et toujours dans l’espoir de le vendre ! Chance et Absurde seraient-ils en passe de devenir la nouvelle religion d’état ? Héliogabale, empereur des quatre nains, épouse Blanche Neige et Picsou se frotte les mains, tandis que Mickey se prend pour Tintin Reporter ! De nos jours, dans ce monde qui continue sa révolution astrale, il y a des gens qui souffrent sans plus pouvoir exprimer cette souffrance, car le pauvre n’a pas accès à la communication de sa propre douleur. A celui à qui l’on ne peut rien prendre, l’on ne donne rien, pas même sa condition. L’absence d’identité, l’absence d’égalité, de fraternité et de liberté mènent tout droit à ce dictat de l’information, d’où plus aucune émancipation n’est envisageable ! Telles de petites souris perpétuelles nous grignotons des croquettes prises dans la gamelle du chien, fidèle ami de l’homme et exutoire de sa disparition ! Pour plus de tranquillité dans ma réflexion, je reprendrai plus tard ce texte fort peu construit. Maintenant, c'est-à-dire ce jour, quel espace est encore occupé par l’autonomie individuelle ? Les toilettes ! Mais encore ? Abreuvé par la Pensée Unique, le pauvre citoyen s’en va marmonner quelques bribes de phrases incomplètes, au bord de sa table à manger, subissant quotidiennement un monde à la 1984 de Orwell. Tous les siècles passés, qui s’exprimèrent sans avoir connu le premier conflit mondial, sa deuxième suite atomique et génocidaire, puis l’ère de l’Information, ne peuvent plus nous parler, si ce n’est de choses et d’hommes tels qu’ils ont été, c'est-à-dire disparus à tout jamais. Les romans de Voltaire, les essais de Diderot ne sont que la suite d’une culture mélangée d’un Moyen Age imparfait avec une société Antique décadente puis devenue Renaissante à partir de la fin du XV° siècle. On oublie que la grande révolution du chemin de fer constitua la première expérience de tuer les distances, car jamais auparavant les hommes n’avaient pu aussi rapidement franchir les nombreuses distances qui les séparaient les uns des autres. Chateaubriand en parle dès 1848 et ce fut le début de la fin d’un monde, d’une civilisation. Nous n’en sommes pas la suite, nous sommes devenus autre chose, qui à son tour est en train de disparaître, déjà les Cafés, les derniers fumeurs, les derniers pères de famille etc… Bref l’époque est à sa conclusion, sans révolte aucune, dans un monde aux lois virtualistes, faites pour de super moutons électroniques. « Par leur « civilisation », leurs institutions politiques, gouvernementales et religieuses, quelques hommes ont détruit la nature pour soumettre l’humanité à toutes sortes de contraintes artificielles. Seul un homme plein de méfiance à l’égard de l’ordre et de la loi pourrait être libre et heureux. », disait Diderot. Ce point de vue est toujours d’actualité en fait et traversera de nouvelles époques encore. Réminiscence toute platonicienne en quelque sorte, qui passe les siècle et demeure tout à fait réaliste. Mais j’ai une réticence à développer, car ma rêverie m’accompagne et me fait du bien, quoi qu’il arrive. En fait, l’homme décrit par Diderot, celui qui se méfie des lois et de l’ordre, établit par là une sorte de passerelle entre les époques mais n’en demeure pas moins un individu d’un autre siècle, disparu avec son langage et son temps, ses modes et ses conflits. Pour Voltaire et Diderot, le maître et l’ami de Rousseau : l’homme futur sera meilleur qu’au présent, il faut lui préparer une société plus viable ! Or, voilà où nous en sommes, ils n’avaient pas compris ni envisagé la soudaine barbarie absolue du XX° siècle et la suite, ma foi, nous et notre présent : c’est la vraie catastrophe aberrante, si l’on compare à l’évolution imaginable d’une société qui devient « meilleure ». L’ère de l’Information couplée à la société du Spectacle, est ce cauchemar des Lumières, véritable soufflet donné aux visages de ses philosophes amicaux et sincères, qui ne voulurent jamais que considérer le meilleur chez l’homme ! En somme, ce monde qui nous est donné, est donné pour quoi ? Pour parfaire son cheminement, pour en accomplir la finitude ou l’épanouissement dans ce présent fragile et éphémère. Tout droit sorti du phénomène de l’accumulation de divers présents successifs, notre présent est le fruit de ces moments passés. Notre monde ne produit plus du passé à proprement dit, mais plus une sorte de formatage inconscient des présents précédents, tout ce qui n’est pas enregistré est jeté aux oubliettes, l’hypothétique fait loi ! Des bruits, de sombres échos d’un monde imparfait essayent parfois de nous parvenir, mais qu’importe notre attention, ils ne seront pas retenus ni par la Pensée Unique, ni par l’Information. Nouveaux chiens de garde, les penseurs autonomes sont confinés dans les méandres de l’information quotidienne. Ils peuvent observer, témoigner, conclure, proposer, mais jamais, ô grand jamais on ira édifier une société juste et paisible où personne ne tuerait personne. Seul demeure le pouvoir coercitif et unilatéral de la machine à informer, pour ne pas dire à déformer. La loi du plus grand nombre dit-on, le plus grand dénominateur commun, bref les « masses », tout ce vocabulaire a bon dos ! Car qui ne reconnaît là le énième forfait de l’appauvrissement général en tout ? Trop d’images tue l’image, trop d’aveugles tue la vision, trop de sourds tue la parole ! La société du zapping, de l’éphémère etc… indigestion de tout cela, formidable gabegie de la cervelle et on continuera à raser les forêts ne serait-ce que pour imprimer des pubs à mettre dans les boîtes aux lettres ! Pauvre planète, ma foi il y aura peut-être de grands incendies aussi pour couper court à cette démence apologétique ! De nos jours, ce monde est en mutation, c'est-à-dire qu’il quitte son vieux costume trois pièces pour se vêtir d’une carapace uniforme, qui elle seule survivra à son contenu. De nos jours, la pensée fait le trottoir dans l’attente d’un jeune client à dépuceler ou d’un vieux croûton à énucléer. Et puis que dire d’autre qui ne soit le fruit d’une époque comme diraient certains qui ne disent jamais rien ! Il reste l’Humour, et l’Amour, mais ils ne sont, l’avez-vous jamais remarqué, jamais enseignés. Pour le reste, c'est-à-dire pas grand-chose de conséquent, il faut que je vous dise que je ne me suis jamais senti seul et perverti par ma solitude ; qu’en fait, le simple écho des emboîtements de nos vies les unes par rapports aux autres, permet cette simple communication sur des événements que tous nous pouvons croiser un jour ou l’autre. Il reste dommage pour l’esprit de penser qu’il ne soit plus le véhicule privilégié de nos idées. Voilà, je finirai en disant tout simplement que ce monde qui nous est donné, l’est parce que nous savons où le poser paisiblement.

 

02/10/2008

 

 

                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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